Pourquoi ma facture de chauffage est-elle si élevée ?
Vous ouvrez votre décompte et le chiffre vous paraît énorme. Avant de blâmer le prix de l'énergie, il faut savoir si votre maison consomme normalement pour son âge ou si quelque chose cloche. Cinq questions suffisent pour le savoir.
Question 1 : combien consommez-vous au m² ?
C'est le seul chiffre qui permet de comparer. Prenez votre consommation annuelle, convertissez-la en kWh, divisez par la surface chauffée. Les ordres de grandeur en Suisse :
| Type de maison | kWh par m² et par an |
|---|---|
| Construction d'avant 1980, non rénovée | 180 à 250 |
| Années 1980 à 2000 | 100 à 160 |
| Construction récente, bien isolée | 50 à 80 |
| Minergie | 30 à 55 |
Pour convertir : un litre de mazout vaut environ 10 kWh, un m³ de gaz environ 10 kWh aussi, un kilo de pellets environ 4,8 kWh. Une maison de 160 m² qui brûle 3 500 litres de mazout consomme donc 35 000 kWh, soit près de 220 kWh/m². C'est le haut de la fourchette.
Question 2 : où part la chaleur ?
Dans une maison non isolée, les déperditions se répartissent grossièrement ainsi : toiture 25 à 30 %, murs 20 à 25 %, fenêtres 10 à 15 %, sol et ventilation pour le reste. L'ordre varie selon la maison, mais la toiture arrive presque toujours en tête, parce que l'air chaud monte.
Le test le plus simple : posez la main sur un mur extérieur par temps froid. S'il est nettement plus froid que l'air de la pièce, il évacue votre chauffage.
Question 3 : votre chauffage a quel âge ?
Une chaudière de plus de 15 ans a un rendement qui s'est dégradé, souvent sans que personne ne s'en aperçoive. Une chaudière mazout ou gaz ancienne perd facilement 10 à 20 % de rendement par rapport à un appareil neuf, et bien davantage face à une pompe à chaleur.
Regardez la plaque signalétique : l'année de fabrication y figure. Passé 15 ans, la question du remplacement se pose, et en Suisse elle se pose avec une subvention à la clé si vous passez au renouvelable.
Question 4 : comment réglez-vous ?
Une partie de la facture ne vient ni des murs ni de la chaudière, mais des réglages. Un réduit de nuit absent, une courbe de chauffe trop haute, des radiateurs à fond dans des pièces vides : chacun de ces points pèse 5 à 10 %. Nous les détaillons dans notre guide des réglages qui font baisser la facture sans travaux.
Question 5 : et si c'était le prix, pas la quantité ?
Vérifiez la ligne « quantité » de votre décompte, pas seulement le montant. Si la quantité est stable mais que le montant a bondi, c'est le prix de l'énergie qui a bougé, et la seule parade durable est de consommer moins. Si la quantité a augmenté, il y a un problème dans la maison ou dans l'installation.
Le levier le plus lourd est subventionné
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